Il importe que le personnel de la CCSN et les demandeurs de permis (titulaires de permis) et groupes autochtones connaissent toutes les attentes de la CCSN en matière de consultations autochtones et sa perspective du sujet, pour travailler ensemble à une réglementation sécuritaire et efficace du secteur nucléaire.
La Codification des pratiques actuelles : Engagement de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) à l’égard des consultations auprès des Autochtonesdécrit l’engagement de l’organisation à assurer l’honneur de la Couronne et à tenir compte des droits ancestraux ou issus de traités éventuels ou établis avant de prendre des décisions sur la délivrance d’un permis en vertu de la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires et des décisions en matière d’évaluation environnementale (ÉE) en vertu de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCEE).
L’obligation juridique de consulter les peuples autochtones en vertu de l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 n’incombe pas aux titulaires de permis pour des projets nucléaires.Cependant, lorsque possible, l’engagement des titulaires de permis envers les groupes autochtones est important puisque leurs activités de consultation peuvent renforcer et soutenir les activités du personnel de la CCSN et aider celle‑ci à prendre des décisions efficaces.
Les résultats des activités de consultation, dont toute mesure d’atténuation et d’accommodement proposée par le titulaire, peuvent aussi faire partie des preuves présentées par les titulaires au tribunal de la Commission ou à un agent désigné, étant donné que les deux ont le pouvoir de trancher sur des demandes de permis. On recommande donc aux titulaires de permis de fournir à la CCSN tous les renseignements recueillis au cours des consultations.
La CCSN recommande au titulaire de permis d’interagir avec des groupes autochtones tout au long des phases de planification du projet et dans l’ensemble de l’examen réglementaire. Un plan de consultation qui comprend un engagement précoce prépare le terrain à la création de liens et peut susciter des bienfaits qui peuvent se prolonger bien au‑delà des phases de planification et de conception d’un projet. Au nombre des bienfaits figurent, sans toutefois s’y limiter, l’amélioration des retombées positives d’un projet tout en éliminant les effets indésirables éventuels et les retards en cours de projet. La gestion des documents est un autre aspect important du processus de consultation. On recommande aux titulaires de permis de noter toutes les activités de consultation (c.‑à‑d. lettres, appels et rencontres) menées avec des groupes autochtones. Les documents doivent comprendre les enjeux et préoccupations soulevés pendant la planification du projet et l’intégralité de l’examen réglementaire, soit l’ÉE, les permis et renouvellements de permis, étant donné que la CCSN demandera probablement d’examiner ces renseignements tout au long du processus.
Note: il y a un nombre de listes de contrôles disponible pour consultation et utilisé par l'industrie, les candidats sont libres de choisir, à leur guise, l'approche et les conseils de quiconque source.
Voici d’importants facteurs à considérer au moment de concevoir un plan de consultation avec les Autochtones.
Pour concevoir des plans de consultation des Autochtones, les titulaires de permis pourraient juger bon de s’inspirer des renseignements suivants.
L’expérience a montré qu’une mise à contribution hâtive des peuples autochtones dans le cadre d’un projet proposé peut être profitable pour tous. La CCSN encourage tous les titulaires de licence à élaborer un plan de consultation et à tisser et maintenir des liens solides avec les peuples autochtones au début de la phase de planification et de conception d’un projet – soit avant la présentation de la description du projet ou de la demande de permis. La mobilisation hâtive permet :
Si un projet ou une activité est proposé dans un endroit visé par des droits autochtones potentiels ou établis, la CCSN encourage le titulaire de permis à déterminer qui sont les groupes autochtones dans la zone de l’activité proposée et de communiquer avec eux pour leur faire part de l’activité.
Une fois le contact établi avec les groupes autochtones, il est recommandé que les titulaires de permis leur demandent comment ils aimeraient être consultés, puisque les préférences peuvent varier selon la communauté. La CCSN préconise la conception d’un plan de consultation jugé raisonnable par les deux parties. Il pourrait être nécessaire, au cours des contacts avec les groupes autochtones, de concilier différents besoins linguistiques, culturels, géographiques ou d’information.
À cette étape, les titulaires de permis peuvent fournir aux groupes autochtones des données préliminaires sur la nature et la portée du projet et ses répercussions potentielles sur l’environnement, des mesures d’atténuation possibles et les possibilités d’emploi et de prospection. L’engagement précoce, à son tour, procure aux groupes autochtones une occasion de faire part d’importants renseignements sur les connaissances locales et traditionnelles au sujet du site d’une activité proposée et des effets éventuels sur l’environnement, ainsi que tout droit ancestral ou issu de traités éventuel ou établi qui peut être considéré pendant le développement du projet proposé.
Les connaissances écologiques traditionnelles (CET) des Autochtones sont des connaissances que possèdent les peuples autochtones qui vivent dans la zone d’un projet proposé et qui entretiennent des liens solides avec les terres et les ressources qui sont susceptibles d’être touchées.La LCEE prévoit que les autorités responsables peuvent intégrer les CET aux ÉE, mais ce n’est pas une exigence réglementaire. Or, les CET sont de plus en plus reconnues en tant que partie importante de la planification d’un projet et de la gestion des ressources.
Pendant la phase préalable à la demande, les titulaires peuvent communiquer avec la Directrice de la Division des politiques et des affaires autochtones et internationales pour obtenir d’autres renseignements ou des précisions sur les processus et politiques de consultation des Autochtones de la CCSN.
Pour les projets faisant partie de l’initiative du Bureau de gestion des grands projets, le document intitulé Engagement précoce des Autochtones : un guide à l’intention des promoteurs de grands projets de ressources contient aussi de plus amples renseignements.
Les processus d’ÉE et de demande de permis de la CCSN procurent des occasions structurées ou établies aux groupes autochtones (et à d’autres parties) de faire part de leur point de vue à la CCSN par écrit ou en personne. Pendant cette phase, les efforts de consultation des titulaires de permis pourraient permettre d’en apprendre davantage et appuyer les activités de consultations des Autochtones de la CCSN.
Après la présentation de la description du projet ou de la demande de permis, la CCSN recommande aux titulaires de permis de communiquer avec les divisions de délivrance de permis concernées pour obtenir les permis nécessaires aussitôt que possible, et de faire part de leur plan de consultation des Autochtones, dont :
Remarque : parfois, les groupes autochtones demandent la confidentialité. La CCSN est tenue de respecter diverses lois sur la confidentialité et les renseignements personnels, et tous ceux qui participent à des activités qui relèvent de la CCSN doivent connaître ces lois.
On recommande aux titulaires de permis de participer aux activités de consultation avec les autochtones de la CCSN, si la situation s’y prête. La coordination des efforts de consultation peut donner aux groupes autochtones une nouvelle occasion de comprendre l’activité proposée et les rôles et responsabilités du titulaire et de la CCSN, et de poser des questions et/ou faire part de préoccupations avec le titulaire et la CCSN.
La relation d’un titulaire de permis avec des groupes autochtones peut contribuer favorablement aux efforts globaux de consultation de la CCSN, le cas échéant. Les titulaires de permis sont souvent les mieux placés pour offrir des accommodements à un groupe autochtone en cas de répercussions négatives sur les droits ancestraux ou issus de traités éventuels ou établis; par exemple, en modifiant les plans ou le calendrier du projet.
La CCSN est autorisée à imposer aux titulaires de permis toute condition aux permis qu’elle juge nécessaire pour le respect des obligations de la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires; par conséquent, avant qu’elle n’approuve un permis, elle pourrait recommander ou exiger que les titulaires continuent d’engager les groupes autochtones, le cas échéant. Cet effort aidera :
On recommande aux titulaires de conserver les liens qu’ils auront créés avec des groupes autochtones, le cas échéant, au cours du cycle de vie du projet. Dans certains cas, l’ÉE ou l’examen technique d’un projet pourrait avoir relevé des répercussions négatives potentielles sur les droits ou traités autochtones. Si c’est le cas, le titulaire pourrait être tenu de mettre sur pied des stratégies pratiques pour éviter ou atténuer les répercussions et de poursuivre la consultation des groupes éventuellement touchés au sujet du projet, au besoin.
Même en l’absence de répercussions négatives, des communications régulières entre le titulaire de permis et les groupes autochtones qui détiennent un intérêt dans le projet permettront d’établir une confiance mutuelle et de renforcer les consultations futures.