Une association médicale induit le public en erreur

7 août 2012

Réponse à la lettre de Farrah Khan de l’Association canadienne des physiciens pour l’environnement publiée dans le Hamilton Spectator le 7 août 2012

À la rédaction,

J’ai été déçu de constater que vous avez publié une autre lettre d’un soi-disant groupe d’experts (en anglais seulement) qui trompe le public quant aux effets de l’énergie nucléaire sur la santé. Je suis particulièrement déconcerté par le fait qu’un groupe comme l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME), qui s’efforce de sensibiliser les médecins et de les préparer à « formuler des commentaires au sujet des répercussions que les enjeux environnementaux peuvent avoir sur la santé, et ce, d’une manière pertinente et rigoureuse ».

L’ACME n’est pas à la hauteur de son mandat à cet égard. En réalité, des études ont démontré à maintes reprises que les personnes qui habitent à proximité des centrales nucléaires sont en aussi bonne santé que le reste de la population. Lorsque Farrah Khan, directrice exécutive de l’Association, mentionne l’étude allemande de 2008, elle omet de mentionner que ses auteurs et que la Commission allemande de radioprotection ont précisément écarté le rayonnement pour expliquer certains foyers de leucémie infantile près des centrales nucléaires.

De récentes études épidémiologiques réalisées en Grande-Bretagne et en France à l’aide de la même méthodologie que l’étude allemande n’ont pas permis de constater une augmentation du risque de cancer infantile parmi la population vivant près des installations nucléaires étudiées.

Toutes les activités industrielles produisent des rejets dans l’environnement sous une forme ou une autre. D’ailleurs, le secteur nucléaire est régi par un organisme de réglementation qui veille à la sûreté de ses activités. J’aimerais réitérer que l’infime quantité de rejets contrôlés provenant des installations nucléaires ne pose pas de risque pour les personnes et l’environnement.

Finalement, les déchets nucléaires sont stockés et gérés de façon sécuritaire. La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), qui réglemente le secteur nucléaire dans le but de protéger le public et l’environnement, exige que les exploitants de centrales nucléaires maintiennent des garanties financières adéquates pour couvrir les coûts associés à la gestion à long terme des déchets générés par leurs installations. La CCSN ne délivrera jamais un permis à une installation qui n’offre pas de telles garanties.

J’invite vos lecteurs à visiter notre site Web pour se renseigner sur le secteur nucléaire du Canada.

Michael Binder
Président
Commission canadienne de sûreté nucléaire