Nouvelles sources d’isotopes médicaux

23 février 2012

Une équipe de scientifiques canadiens a récemment annoncé (en anglais seulement) qu’elle avait réussi à produire du technétium-99m (Tc-99m) au moyen de cyclotrons de la Colombie-Britannique et de l’Ontario. Le Tc-99m est le radio-isotope le plus utilisé en médecine nucléaire diagnostique au Canada. Environ 25 000 tests diagnostiques sont effectués chaque semaine au Canada à l’aide de ce radio-isotope (Isotopes médicaux : Santé Canada).

Cyclotron du même type que ceux utilisés par TRIUMF
Cyclotron du même type que ceux utilisés par TRIUMF pour faire progresser et diversifier la production de Tc‑99m

Paul Schaffer, chef de la Division de médecine nucléaire de TRIUMF en Colombie-Britannique et un des chefs de l’équipe, a indiqué que « fabriquer des isotopes médicaux dans les hôpitaux et non dans des installations nucléaires constitue une étape importante en imagerie diagnostique pour les patients du Canada et du monde entier. »

« Nous nous sommes servis des principes de physique, de chimie et de génie connus depuis des années pour améliorer un cyclotron dans le but de produire du Tc-99m. »

L’équipe est composée de chercheurs de TRIUMF, de la B.C. Cancer Agency, de l’Institut de recherche en santé Lawson (London, Ontario) et du Centre pour le développement et la commercialisation des traceurs de l’Université McMaster, (Hamilton, Ontario).

Le financement initial a été fourni par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, l’Institut de recherche en santé du Canada et Ressources naturelles Canada.

Cette percée constitue une bonne nouvelle pour les milliers de patients canadiens et d’ailleurs qui profitent chaque année de la médecine nucléaire pour diagnostiquer un cancer ou des maladies du cœur et des os.

Le Tc-99m généré par les cyclotrons existants pourrait permettre de décentraliser l’étape de la production, qui dépend actuellement beaucoup du bon fonctionnement de quelques réacteurs éparpillés dans le monde (le Canada en compte un : le réacteur national de recherche universel aux Laboratoire de Chalk River exploité par Énergie atomique du Canada limitée).

Au Canada, les cyclotrons sont homologués par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN). « Les installations dotées de cyclotrons détiennent un permis délivré par la CCSN et sont aussi inspectées régulièrement par cette dernière pour s’assurer que leur exploitation est sûre », a indiqué André Régimbald, directeur général du groupe de l’autorisation responsable de la réglementation des installations de médecine nucléaire à la CCSN.

« En général, la CCSN considère l’utilisation d’une technologie de production d’isotopes ne nécessitant pas de réacteur (comme les cyclotrons) comme une bonne façon de réduire la quantité de déchets radioactifs qui découlent de la fabrication d’isotopes médicaux », a mentionné Michael Binder, président de la CCSN. Je félicite l’équipe pour ses réalisations et je peux assurer au public que la CCSN traite en priorité toutes les questions de nature réglementaire qui touchent les installations médicales. »