Avril 2010
En bref:
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Le radon est un gaz radioactif incolore et inodore qui se trouve naturellement dans l’environnement. Il provient de la désintégration de l’uranium dans les sols et dans les roches. L’uranium est très répandu dans l’écorce terrestre et peut être plus concentré à certains endroits en raison de la variation naturelle.
Le radon émet un rayonnement alpha et est doté d’une courte demi‑vie, c’est‑à‑dire qu’il émet un rayonnement à un rythme rapide.
Le radon provient de la désintégration de l’uranium, et s’inscrit dans une série de 14 transformations, appelée « chaîne de dé sintégration ». Ce processus se produit sur plusieurs milliards d’années. Cette chaîne de désintégration aboutit au plomb 206, un élément stable et non radioactif.
Lorsque l’uranium se désintègre, il émet un rayonnement alpha, bêta et gamma, de même qu’une série de produits qui incluent le radon. À son tour, le radon se désintègre en une série de quatre produits radioactifs dotés d’une très courte vie, sous forme de particules solides porteuses d’une charge électrique appelées produits de filiation du radon : le polonium 218, le plomb 214, le bismuth 214 et le polonium 214.
En raison de leurs courtes demi‑vies, les produits de filiation du radon émettent des rayonnements plus rapidement et représentent un plus grand risque pour la santé que le radon lui‑même. Les deux produits posant un risque pour la santé sont le polonium 218 et le polonium 214.
La figure 1 montre la chaîne de désintégration de la forme la plus commune de l’uranium, soit l’uranium 238.
Figure 1 : Chaîne de désintégration de l’uranium 238

Plusieurs études sur les effets du radon sur la santé ont été effectuées au fil des années, permettant une meilleure compréhension de l’importance du contrôle du radon.
La principale conclusion est que l’exposition à long terme à des niveaux plus élevés que les niveaux naturels de radon accroît les risques de contracter le cancer du poumon. Aucun lien n’a été établi entre l’exposition au radon et d’autres cancers ou causes de décès.
Les risques pour la santé associés au radon sont générés par l’exposition aux produits de filiation de celui‑ci, lesquels sont causés par la désintégration du radon. En présence d’émanations de radon, les produits de la désintégration demeureront en suspens dans l’air. Puisqu’ils portent une charge électrique, ils se fixeront généralement aux particules de poussière ou à la surface de matériaux solides; toutefois, certains produits peuvent demeurer libres. Qu’ils soient fixés ou libres, les produits peuvent toutefois être inhalés. Une fois dans les poumons, le radon émet un rayonnement alpha, irradiant et endommageant peut‑être les cellules vivantes recouvrant l’intérieur des poumons.
Des années 1930 aux années 1950, les mineurs de fond d’uranium contractaient le cancer du poumon dans une proportion plus élevée que la normale en raison de leur exposition à des concentrations plus grandes et généralement non contrôlées de produits de filiation du radon. Aujourd’hui, les mineurs de fond d’uranium sont beaucoup mieux protégés des effets du radon.
Non. Des études ont démontré que les activités d’exploitation et de concentration d’uranium ne causent pas une augmentation des niveaux de radon au‑delà des niveaux naturels dans l’environnement, à l’extérieur des sites miniers.
En tant qu’organisme de réglementation nucléaire du Canada, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) réglemente le radon et ses produits de filiation dans les installations nucléaires canadiennes afin de protéger la santé des travailleurs de l’uranium et de la population.
Les concentrations de radon dans les mines et usines de concentration d’uranium au Canada et dans les installations de traitement de l’uranium et de fabrication de combustible font l’objet d’un contrôle rigoureux dans l’air afin de protéger les travailleurs. Les méthodes de contrôle comprennent des systèmes complexes de détection et de ventilation qui protègent efficacement les travailleurs canadiens du secteur de l’uranium. La figure 2 illustre le cycle du combustible nucléaire au Canada.
Figure 2 : Cycle du combustible nucléaire au Canada

En 2007*, la dose efficace moyenne pour les travailleurs des mines et des usines de concentration d’uranium, toutes sources confondues (incluant les sources externes, le radon et la poussière radioactive), s’élevait à environ 1 mSv. Le radon a représenté moins de la moitié de cette dose. Toutes les doses sont considérablement inférieures à la limite réglementaire prévue pour les travailleurs aux installations nucléaires, soit 50 mSv par année. Étant donné que les émanations du radon et les produits de filiation de celui‑ci se désintègrent rapidement à l’extérieur de la mine, ils ne représentent qu’un faible risque pour la population.
La Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) est l’organe international qui établit le cadre de radioprotection. La CCSN intègre les recommandations de la CIPR dans son cadre de réglementation afin de protéger les Canadiens du radon généré par les activités du secteur de l’uranium.
(*Selon les plus récentes données de Santé Canada)
Les systèmes contemporains veillent à ce que le radon et ses produits de filiation soient constamment surveillés et contrôlés dans les installations manipulant de l’uranium.
Voici quelques-unes des mesures en place :

La CCSN, en partenariat avec des universités et les parties intéressées provinciales, fédérales et de l’industrie, notamment les travailleurs des mines et des usines de traitement de l’uranium, a participé à plusieurs études sur la santé en ce qui a trait aux effets du radon.
Voici quelques‑unes des populations examinées :
(**Les données relatives à ces populations sont recueillies continuellement afin d’actualiser les études)
L’étude d’Eldorado, récemment actualisée, porte sur la santé de 17 660 travailleurs des mines et des usines de traitement de l’uranium au cours des 50 dernières années.
L’étude conclut :
Ces conclusions appuient les résultats d’autres études sur les travailleurs des mines d’uranium et une analyse combinée des données de 11 études sur des mineurs de fond.
Les conclusions appuient également celles d’un rapport récent publié par le Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR), qui examine en profondeur et résume toutes les études liées au radon.
La CCSN et d’autres parties intéressées ont récemment achevé une étude de faisabilité sur les travailleurs contemporains des mines d’uranium de la Saskatchewan. L’étude a conclu qu’il serait pratiquement impossible de détecter un excès de risque de cancer du poumon causé par le travail dans les mines d’uranium contermporaines, étant donné que l’exposition des travailleurs est si faible :
Le radon est la principale source de radioexposition naturelle pour les Canadiens. Il varie selon la concentration d’uranium dans l’écorce terrestre et représente environ la moitié de l’exposition totale provenant du rayonnement naturel. Au Canada, la radioexposition moyenne due au rayonnement naturel est de 2 à 3 mSv par année.
La figure 3 montre les sources de radioexposition d’un adulte canadien moyen. Les sources de rayonnement naturel, indiquées en vert, comprennent :
Les sources artificielles de rayonnement sont indiquées en orange. Les procédures médicales représentent la principale source. Les rejets contrôlés des installations nucléaires sont inclus dans la catégorie « Autres sources artificielles », cette catégorie représentant 0,6 % de la radioexposition totale.
Figure 3 : Sources de radioexposition d’un adulte canadien moyen

La CCSN ne réglemente pas le radon dans les foyers; cette responsabilité relève de Santé Canada. Communiquez avec Santé Canada pour en apprendre davantage sur les mesures prises afin de protéger les Canadiens des dangers potentiels des émanations du radon.
Études sur Eldorado à jour : Fiche d’information
Étude de faisabilité : Études sur la santé des mineurs d’uranium de la Saskatchewan : Document d’information
Travailleurs des mines de spath fluor de Terre Neuve (RSP-0193)
Étude sur les travailleurs des mines de l’Ontario (RSP-280)
Communiqué, rapport du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (Source : UNSCEAR)– En anglais seulement
Règlement sur la radioprotection (Source : ministère de la Justice)Étude BEIR VI de la National Academy of Sciences (Source : Environmental Protection Agency des États‑Unis)– En anglais seulement
Rapport annuel du Fichier dosimétrique national (Source : Santé Canada)
Projet international sur le radon, une initiative de l’Organisation mondiale de la santé – En anglais seulement
Études sur la santé et documents d’information de la CCSN
Documents d’application de la réglementation de la CCSN
Vous avez des questions sur le radon dans les mines et usines de traitement d’uranium? Contactez la CCSN
Vous avez des questions sur le radon dans votre foyer? Contactez Santé Canada