Analyse des dommages cytogénétiques chez les souris soumises à une exposition chronique à de faibles doses internes de rayonnement bêta émis par le tritium

Résumé de l’article publié dans la revue Oncotarget, 2018, 9(44), p. 27397-27411

Auteurs :

Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Pôle Santé et Environnement, Direction de la santé, Fontenay-aux-Roses (France)

  • Sandrine Roch-Lefèvre
  • Eric Grégoire
  • Cécile Martin-Bodiot
  • Amélie Fréneau
  • Laurence Roy
  • Mohamed Benadjaoud

Radiobiologie et santé, Laboratoires Nucléaires Canadiens, Chalk River (Ontario), Canada

  • Matthew Flegal
  • Melinda Blimkie
  • Laura Bannister
  • Heather Wyatt
  • Nick Priest
  • Dmitry Klokov

Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Direction des affaires internationales, Fontenay‑aux‑Roses (France)

  • Jean-René Jourdain

Département de biochimie, de microbiologie et d’immunologie, Université d’Ottawa, Ottawa (Ontario), Canada

  • Dmitry Klokov

Adresse actuelle : Université autonome de Barcelone, faculté des biosciences, Cerdanyola del Vallès (Espagne)

  • Joan-Francesc Barquinero

Résumé

Cet article de revue avec un comité de lecture présente les résultats d’expériences sur les dommages cytogénétiques réalisées dans le cadre du programme d’études sur la toxicité du tritium et des effets de l’exposition à de faibles doses de tritium et de rayonnement gamma. Les recherches, menées en collaboration par les Laboratoires Nucléaires Canadiens (LNC) et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), ont utilisé la souris comme modèle expérimental. Nous avons exposé les souris au rayonnement gamma, à de l’eau tritiée (HTO) et à des composés organiques tritiés (COT, dans le cas présent, des acides aminés tritiés) [10 kBq/L, 1000 kBq/L et 20 000 kBq/L], pendant un à huit mois. Nous avons ensuite mesuré les dommages cytogénétiques (dommages à l’ADN) dans la moelle osseuse et les lymphocytes circulants afin d’évaluer la dose-réponse et l’efficacité biologique relative (EBR). Les expériences ont permis de tirer les principales conclusions suivantes :

  • Ni le tritium ni le rayonnement gamma n’entraîne une augmentation des effets cytogénétiques dans la moelle osseuse.
  • Nous avons observé une hausse des dommages à l’ADN dans les lymphocytes circulants à la suite de l’exposition chronique aux COT (1000 kBq/L et 20 000 kBq/L), mais pas à la concentration de 10 kBq/L, soit la limite imposée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
  • Nous estimons que, sous des doses cumulatives de 10 mGy, l’efficacité biologique relative des COT (paramètres : aberrations chromosomiques) est très supérieure à 1.

Si, d’une part, les dommages potentiels à l’ADN découlant de faibles doses de tritium (en grande partie attribuables aux COT) pouvaient dépasser les estimations, d’autre part, nous n’avons mesuré aucune hausse des dommages à l’ADN à la limite de 10 kBq/L fixée par l’OMS. Cette étude appuie donc la limite de l’OMS ainsi que la recommandation canadienne d’une concentration de 7 kBq/L de tritium dans l’eau potable. La Commission canadienne de sûreté nucléaire a contribué au financement de cette étude, qui s’inscrit dans le cadre d’une série d’articles dont certains ont déjà été publiés (Bannister et coll., 2016; Priest et coll., 2017; Guéguen et coll., 2018) et d’autres le seront bientôt.

Pour plus de renseignements sur le tritium, veuillez consulter la page Web suivante : CCSN

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